Lucie et Gribouille un conte de fées au pays des châteaux de la Loire

On ignore trop souvent que le château de Blois fut l'un des hauts lieux la littérature française.
Charles d'Orléans et François Villon participèrent au milieu du 15ème siècle au célèbre « concours de Blois ».
Le mauvais garçons et le comte de Blois écrivent alors un poème en suivant les mêmes règles ! Tous deux doivent débuter la ballade par « Je meurs de soif en couste la fontaine ».
Dans les dernières pages de "Lucie et Gribouille", Jean, l'ami de Lucie, lance l'idée de créer un atelier d'écriture, de poésie.
J’ai donc eu l’envie de suivre son conseil et de continuer le concours commencé il y a plus de cinq siècles, dans ce même château, dans cette même ville.
Pour participer au concours, il suffit de se documenter sur l’art de la ballade, de lire les poèmes de Charles d’Orléans et François Villon et de m’envoyer votre œuvre. A vos plumes !

Concours de Blois

Ballade du concours de Blois

Je meurs de soif auprès de la fontaine,
La Loire ? Un désert depuis trop longtemps,
Un fleuve aride qui rend la pluie vaine,
Sécheresses diluviennes sont signes des temps.
Que sont devenues les neiges d’antan ?
Une eau sans vie glace le sang des sirènes,
Beuveries d’étudiantes qui vomissent toutes blêmes,
Sur un sol maculé de désespoir.
Les nuits sont blanches et les journées sont noires,
Parfumées de poudre de perlimpinpin.
Portables allumés de l’aube jusqu’au soir,
Rêveries virtuelles jusqu’au p’tit matin.

 

Je pleure de rire aux fables de la Fontaine.
Au pied d’un jeune arbre déjà mourant,
On cite l’auguste penseur à grand’ peine,
Sur grille de fer rouillée par les ans.
Que sont devenus les poètes d’antan ?
Déjections canines, chewing-gum pour l’haleine
Embaument Rodin, Jules Vernes ou Verlaine.
En ville de culture je garde quelqu’espoir
D’un nouveau Jack Lang, Souchon ou Renouard.
Mille livres lus, mais de génie aucun !
Pour belle endormie, télé tous les soirs,
Rêveries virtuelles jusqu’au p’tit matin.

 

Je meurs de faim à la table rabelaisienne,
Le clown Ronald fait pleurer les enfants,
Nos cœurs sont vides et nos assiettes sont pleines,
Publicités avides de nos tourments,
Tartes sucrées saupoudrées d’édulcorants.
Maison du Doute ? L’imposture est certaine !
Blois, tes murs résonnent des bêtises de Ben.
Artistes sans art, historiens sans histoire,
Médecins malades et freudiens fous de gloire.
Doulce Cassandre danse avec moult vilains,
Au bal masquée de noir l’aveugle peut voir,
Rêveries virtuelles jusqu’au p’tit matin.

 

Combien d’années avant d’apercevoir
Un jeune président, le vieux roi déchoir ?
Jupiter éclipser soleil divin ?
Marcher sur un sol enneigé d’espoir,
De rêves enfin réels au p’tit matin !

 

Fabrice Maret, le 18 octobre 2017

 

Participez au concours de Blois « Je meurs de soif auprès de la fontaine ». Écrivez la Ballade de vos rêves à l’instar des plus grands poètes du 15ème siècle !

 

Joutes poétiques blésoises - Concours de Blois vers 1450 (?) – Charles d’Orléans (père de Louis XII, Château de Blois) – François Villon

 

Vous aussi, vous pouvez entrer dans la légende !